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 Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique

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MessageSujet: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Jeu 4 Oct - 17:44

Dans ce topic, je compte écrire plusieurs nouvelles à rythme assez peu régulier ayant pour but de m'aider à étoffer l'univers que je suis en train de créer par simple plaisir. Donc le but principal dans ces exercices d'écriture est en partie de créer l'univers et de l'étoffer. Celui-ci est d'ailleurs en partie mouvant dépendant de mes décisions finales, tant que celui-ci n'est pas complètement ancré. De même, tout n'existe pas encore en écrit, ni dans ma tête, n'ayant pas encore réussi à le fixer ou n'y ayant pas réfléchi.
J'espère que cela vous plaira autant à lire que je l'ai à l'écrire. Je vous laisse donc avec le premier texte se penchant plus sur la religion d'un des royaumes de cet univers: le royaume théocratique d'Amas; et plus précisément comment celle-ci est vu en milieu rural, composant une importante partie du royaume. Bonne lecture.


An de grâce 606, dixième jour du premier cycle lunaire de l’équinoxe d’automne

J’adresse ces quelques notes aux hauts dignitaires de notre Eglise et à l’Empereur pour vous faire part des problèmes survenus à cette période dans le petit village d’Elom, se trouvant à l’Est de notre magnifique royaume théocratique d’Amas, proche de la frontière avec les peuples païens se trouvant de l’autre côté du Contruve, frontière naturelle du royaume.
Je gage de la véracité de tout ce témoignage sur mon propre honneur, moi, frère Barthelemy, moine de l’abbaye de la région d’Ir. Faites que l’Unique et l’empereur guident vos pas lors de cette lecture et puisse-t’il me pardonner pour cette vision d’horreur que j’ai pu observer et pour mon incompétence lors de cette affaire. Je m’en remets à votre plus grande autorité et je prendrais pour acte toutes vos décisions.


Frère Barthelemy d’Ir


En cette période, l’automne commençait à s’installer dans la région d’Ir et avec lui, les douces températures de l’été chutaient déjà depuis quelques semaines. Les moissons étaient terminées depuis longtemps et la houe avait remplacé la faux. Les paysans s’activaient pour la plantation des semailles d’hiver, tout en profitant du début de la saison pour ramasser les dons de l’Unique qu’offraient les grandes forêts parsemant la région. Tout se passait sans incident, excepté quelques plaintes venant du village d’Elom se situant à la limite de la frontière, léchant le Contruve. Ce petit village faisait la mention d’une trentaine d’habitants.
Pour régler cela, le haut frère de l’abbaye, Simon, décida de m’envoyer régler l’affaire et d’en rédiger un compte-rendu. C’est donc sous cette initiative que j’écrivis ces quelques lignes au long de mon voyage et que je partis vers Elom.
Le voyage jusqu’au village me prit plusieurs jours de marche dans la région, où je fus accompagné par plusieurs guides des villages aux alentours, me montrant en même temps l’avancée du travail des paysans comme s’ils espéraient tous faire bonne figure devant l’Eglise. Cela ne marcha bien sûr pas car on ne peut acheter l’Unique avec des biens matériels. Celui-ci nous les offre sans rien attendre en retour, par pure bonté et générosité.

Passé ces quelques jours, je parvins au village où je fus accueilli par le père Paul. Celui-ci, après bien sûr la prière adressée à notre seigneur me fit part de la situation. Je me suis permis de ne pas retranscrire rigoureusement ces paroles, mais je vous fais vœu de bonne foi sur l’authenticité de son discours.
Selon celui-ci, depuis moins d’un demi-cycle lunaire, plusieurs problèmes sont survenus au village. Tout d’abord, cela commença avec des problèmes mineurs comme des clôtures détruites, des champs piétinés et ravagés, des puits fortement abimés sans cause apparente. Tous ces incidents se passaient de nuits et rien n’inquiétaient fortement les villageois. Tout cela était mis sur le dos d’un casseur, sûrement un païen habitant de l’autre côté du Contruve, agissant toujours de nuits, ayant pour but d’effrayer les habitants du village.
Cependant, un élément restait inexpliqué de la part des habitants. C’était cette animosité venant des animaux le soir depuis le début de cette période. La nervosité gagnait beaucoup de bêtes, passant par les quelques têtes de bétails présentes, aux autres animaux comme les chiens, souvent utilisés dans ces régions par le bas-peuple. Il arrivait même bien souvent d’entendre ceux-ci aboyer pendant au moins une bonne heure au plus sombre de la nuit. Ils avaient interprété cela comme un acte de défense de leur territoire. Jusqu’au jour, où l’un des habitants décida de lâcher ses quelques chiens sur son terrain pour repérer le problème.
Malheureusement, le lendemain, ils n’étaient plus. Il ne restait plus que leur cadavre déchiqueté, lacéré et brisé, avec leur sang et des traces de combat partout dans le champ du paysan les ayant lâchés. Les traces visibles sur les animaux ne témoignaient d’aucune arme existante et montrait plus un esprit de sauvagerie, face à tous ces ravages. Pourtant, malgré cela, aucun des cadavres après leur mort n’avait été touché, comme si cet animal avait juste réalisé cette boucherie par pur défense ou plaisir. Au vu des traces présentes et de l’expertise faite par un chasseur habitant dans le coin, même si les marques n’étaient pas parfaitement identiques aux normes conventionnelles, tout cela semblait indiquer la présence d’un ours ou de tout autre animal de cette parenté. Seulement aucune trace dans les alentours ne semblait présager la présence d’une autre entité que les chiens, lors des faits. Comme si ceux-ci s’étaient attaqués entre eux ou s’étaient fait tuer par un fantôme, ne laissant derrière son passage que ses dégâts pour acter de sa présence.
Au vu des faits, aucune de ces hypothèses ne semblaient être envisageable et je pris donc la peine de mettre en doute la teneur de cette expertise en mettant cela sur l’incompétence ou l’ignorance du chasseur.
Cet acte est l’évènement le plus majeur que les villageois ont pu constater sur cette période. En effet, après ce massacre, la vie du village était revenue à ses bases d’en temps, avec parfois quelques petits saccages d’infrastructures mais rien d’exceptionnel.

Face à ce témoignage, même si l’envie n’était pas forte présente, je décidai quand même de rester par conscience envers le monastère même si selon mon opinion, nous étions face à quelques évènements mineurs sans réelle importance. Je fus donc invité par le village à résider dans la demeure du père Paul en tant qu’invité de marque.
Lors des quelques jours qui suivirent, je fus invité plusieurs fois à faire le tour du domaine pour voir comment se portait la vie dans le village et aussi constater des quelques dégâts qui avaient été bien vite réparé comme si rien n’était. Je me crus presque à une grande supercherie réalisée par les habitants du village, surtout quand on m’emmena au lieu où avait été réalisé le combat. Sur place, il n’y avait presque plus rien. En soi, cela est normal car le temps avait rattrapé la scène et l’avait effacé comme je m’y attendais fortement. Seulement l’insistance des villageois était tellement forte que je me demandais si je ne ratais pas quelque chose en voyant le lieu. Rien, il n’y avait rien. Juste un champ aux herbes piétinées et rien d’autre. Cela n’était pas banal en soi mais pas non plus des plus extraordinaires. Peut-être qu’il espérait qu’avec l’aide de l’Unique, je trouverais une réponse qu’ils n’avaient pas eu mais cela n’était pas possible. L’Unique était bon mais il ne donnait jamais réponse à tout et surtout à n’importe qui.


Une semaine s’était passée depuis que j’étais arrivé au village d’Elom et plus aucun évènement n’avait eu lieu. Même pas un évènement mineur. Je me dis que cette affaire était finie et comme ma raison m’avait poussé à le comprendre, nous étions face à un évènement de moindre importance où un païen avait juste effrayé les habitants. C’est pourquoi je décidai de retourner au monastère pour pouvoir faire mon rapport et classer cette affaire. Le lendemain au matin, je serais donc parti de ce village.
Cependant, le destin, ou l’Unique en décida différemment, et si il était derrière cette histoire, il se montrait bien rude envers ses fidèles, ce qui ne pouvait être possible. La nuit où je m’étais décidé à partir, une enfant du village fut portée disparue. Tout le village, armé avec ce qu’il avait pu trouver et des torches partirent sa recherche et le père Paul et moi-même furent considérés comme les chefs de celle-ci. Selon les parents de l’enfant nommée Alice, celle-ci était parti dans les alentours de la forêt à la recherche de quelques nourritures à l’état sauvage. Comment pouvions-nous envoyer une aussi jeune fille, âgée de 8 ans, seule dans les bois, pouvant même effrayés les adultes ? Cela me parut impensable mais je ne pus le dire aux parents en panique dû aux non retours de leur fille. Cette recherche avait pour but de la retrouver car celle-ci s’était certainement simplement perdu mais à la suite des quelques évènements ayant eu lieu pendant ce cycle, la prudence devait exister.
Après deux longues heures de recherche dans les bois sans n’avoir trouvé aucune trace de la petite Alice, des villageois sous l’état de choc nous appelèrent pour nous dire qu’ils l’avaient trouvé. Aucun mot ne pouvaient décrire un tel spectacle, ni la décence l’encourager mais pour la justesse du rapport, je munis quand même une courte description de l’horreur que nous avions pu découvrir. La fillette fut découverte sur les branches d’un arbre. Lorsque le corps fut descendu et les parents éloignés pour leur dispenser ce spectacle, le père Paul, moi-même et quelques villageois ayant le courage d’assister à la scène avions pu observer plus précisément le corps ou plutôt ce qu’il restait. Son bras droit avait été arraché par une entité à la force herculéenne d’un coup sec et brutal tandis que son visage était complètement défiguré de coups de griffes et ses yeux arrachés laissant à la place deux orbites vides. A cela, on ajoutait de nombreux coups et blessures sur l’ensemble du corps, en grande partie dû à de nombreux chocs.
Après une plus longue analyse, nous avions pu remarquer par l’état de ses pieds et les nombreuses égratignures au niveau de ses jambes qu’elle avait dû courir en espérant s’enfuir face à son agresseur et que c’est à cet endroit qu’il avait dû l’attraper. Nous avions aussi pu trouver son bras droit dans les buissons en bas de l’arbre à moitié mordus par une créature à la dentition digne des plus grands prédateurs.
Seulement, comme avec les chiens, aucune partie de la victime n’avait été entamé. Cependant, cette fois-ci, nous ne pouvions mettre cela sur le dos d’un humain ni d’une créature connue de la région. En effet, comment une créature pouvait-elle participé à une telle horreur par pur plaisir sans avoir le but de se nourrir ? Cela était inimaginable et cela défiait tout ce que nous pouvions savoir sur ce monde. Je pensais avoir assez d’éléments pour prouver qu’un problème existait dans ce village, seulement le nombre de preuve n’était pas suffisante pour accompagner mes dires. Je devais donc mener une enquête plus poussée pour découvrir quel était cette chose qui avait attaqué les chiens et la petite Alice. Paix à son âme et que l’Unique lui accorde une place à ses côtés.
Ne désirant pas rester en pleine nuit plus longtemps à cet endroit, l’ensemble du village repartit des bois avec le corps d’Alice qu’on recouvrit d’un linceul pour lui accorder des funérailles décentes. C’est donc ainsi que je décidai de décaler mon départ jusqu’à une durée indéterminée. Seulement, avant de penser à la recherche de preuves, il fallait mettre en garde et trouver un moyen pour en partie protéger les habitants. Pour cela, il faudrait dès le lendemain réunir un conseil pour discuter des mesures à mettre en place.


Le soleil mettant fin à cette nuit rouge, tout le village fut levé de bonne heure sous l’avis du père Paul et de moi-même. Un conseil devait avoir lieu et des mesures devaient être mises en place pour la sécurité du village face à ce monstre. Tout cela eut lieu à l’église du village, sous la protection divine.
Après de nombreuses heures de discussion, qui continuèrent longtemps jusqu’après l’arrivée du soleil au zénith, il fut décidé avec tous les chefs de famille qui eurent droit au vote qu’un couvre-feu auraient lieu tous les soirs peu de temps avant le coucher du soleil et qu’ils y avaient interdiction aux enfants d’aller dans les bois ou autres lieus non habités sans la compagnie d’un adulte, ce qui arrivait peu souvent vu le travail demandé au village de leur part. Même si la décision ne fut pas beaucoup d’heureux, elle fit quand même l’unanimité pour la sécurité du village. Et celle-ci serait de vigueur jusqu’à que le danger soit complètement écarté.
Seulement, tout ceci ne me suffisait pas. Quelque chose en moi, une certaine curiosité évidemment mal placée, me poussait à en savoir plus. Je ne pouvais rester sans réponse face à ce mystère. Même si cela n’était clairement pas une créature de l’Unique mais plus une du Mal lui-même, je désirais en savoir plus. C’est pourquoi je trouvai deux personnes dans le village, sans réel famille, acceptant de m’accompagner un soir pour en apprendre plus, sans la présence des autres villageois espérant que l’animal se montre. Même si ceux-ci ne voulaient ne pas briser la règle en vigueur, je les rassurai sur le fait que celle-ci ne serait pas brisé si l’exploration avait lieu sous mes ordres et qu’ils seraient bien sûr récompensés de manière pécuniaire, même si aider une personne de foi était déjà un tel honneur.
Mais avant de mener, cette exploration, il fallait mener une nuit de deuil comme il avait été décidé au conseil en l’honneur de la famille de la petite Alice qui n’avait pas pu profiter de la protection divine. C’est pourquoi le père Paul et moi-même priâmes toute la nuit pour qu’au moins son âme soit guidée au paradis et accueillie par l’Unique. Lors de cette longue nuit, rien ne passa et tout le monde respecta la décision de rester chez soi une fois le soleil couché. Plus aucun bruit ne put être entendre à l’exception de nos prières et des bruits de la nature nocturne, dans le village.

Un nouveau jour se levant, je pris quand même la peine de me reposer avant notre excursion de cette nuit. Lorsqu’il ne restait plus que quelques heures avant de voir le soleil se coucher, je commençai à préparer tout ce que nous pourrions avoir besoin. Je nous pris des torches, quelques armes assez rustiques pour savoir nous défendre en cas de besoin, de l’eau bénite et des écritures saintes pour nous protéger de ce monstre et encore quelques affaires de moindre importance. Les deux hommes et moi-même firent une dernière prière à l’église avant de partir pour que la grâce divine guide nos pas.
Après ces quelques courses, nous partîmes en direction de la forêt où nous comptions guetter pour essayer d’entrevoir le monstre et de pouvoir mettre une description de cette horreur pour le bien de l’Eglise. Les deux personnes m’accompagnant, avant même d’arriver au bois, commencèrent à angoisser mais je les rassurais en disant que l’Unique nous accompagnerait lors de cette longue nuit, comme il l’avait déjà fait pour guider l’esprit d’Alice dans l’au-delà. De plus nous étions tous armé en conséquence, eux des armes ou de ce qui s’en approchaient que j’ai pu trouver dans le village et moi des saintes écritures et de l’eau bénite. Avec cela, rien ne pouvait nous arriver face à cette entité venue sûrement d’un des neufs Enfers.
Une fois arrivé à l’endroit auquel nous allions passer la nuit, nous allumâmes un feu et nous nous préparions à attendre jusqu’au plus fort de la nuit pour essayer de trouver la créature.

Quelques heures passèrent et la lune était presque inexistante dans le ciel, ne laissant voir que son dernier croissant. Même les étoiles étaient peu nombreuses, cachées en grand nombre derrière d’épais nuages. Tout dans ce ciel nous donnait l’impression que celui-ci n’était pas en accord avec cette expédition. Quant au reste de la forêt, aucun bruit se faisant entendre à part les braises grésillantes du feu. Même si j’avais passé peu de nuit en pleine forêt, ce silence me parût quand même étrange. En plus du ciel, même le règne animal jugeait-il notre aventure comme une pure folie ? Cela ne pouvait être possible et c’est pour cela que je décidai que nous mènerions quand même la recherche même si mes deux compagnons auraient grandement espéré le contraire.
A l’affut, munis tous de nos torches allumées avec les restes du feu que nous avions laissé derrière nous, nous partîmes au plus noir de la nuit. Nous ne voyions pas à plus de quelques arbres à distance vu la faible de portée d’éclairage de nos torches. Mais le silence jouerait en notre faveur, nous aidant à entendre quoi ce soit arrivant vers nous. Nous marchâmes une bonne heure dans la forêt à faire un grand tour, pour finalement, rien avoir croisé, même un animal, et décidâmes de revenir au feu éteint que nous avions laissé. Nous primes la peine de le rallumer pour dire de terminer la veille au chaud et je fus presque déçu et en même temps soulagé de cette absence de la créature.
Seulement, à peine le feu s’alluma que celui-ci s’éteignit sans réel raison, vu l’absence totale de vent, comme si la magie avait agi. Nous regardâmes derrière nous, à la recherche de la raison de la disparition du feu, tous effrayés, le temps que nous le pouvions car après le feu, les torches suivirent et s’éteignirent en ne laissant que les ténèbres de la nuit pour nous bercer. A peine cela arriva que j’entendis un craquement d’une branche à ma gauche, puis encore un autre. Quelque chose avançait vers moi et mes compagnons et tout cela ne me rassurait pas du tout. Nous n’eûmes même pas le temps de demander qui était ce que j’entendis le cri terrifié de l’un de mes compagnons, qui nous contamina de sa propre peur. Seulement celui-ci se coupa d’un coup sec dans un gargouillement, me laissant présager du sinistre sort qu’avait dû connaitre l’un de mes deux compagnons.
A peine ai-je repris mes esprits que je pris en main mes écritures saintes et l’eau bénite et je récitai une prière que je connaissais par cœur espérant que celle-ci me protégerait. En même temps, j’entendis le bruit de course de mon deuxième compagnon mais cela ne dura aussi qu’un court instant car quelque chose d’autre se mit également à courir pour le rattraper et d’un coup à ce que j’ai pu entendre, en finir. Mes deux compagnons étaient morts alors que j’en étais réduit à mes seules prières pour sauver ma propre peau. De plus, maintenant chaque pas arrivait vers moi et mon envie de m’enfuir était tellement forte mais je m’étais presque résigné à mourir. La fuite était une option impossible et seul le fait de continuer de réciter ma prière pouvait peut-être encore me sauver même si c’était peu probable. C’est pourquoi, avec la voix variant grandement à cause de la peur, je continuai celle-ci sans m’arrêter, tandis que je sentis cette créature autour de moi sans pourtant arriver à la percevoir. Je sentir aussi son souffle sur mon propre visage. Des gouttes de sueur coulaient le long de mon visage alors que mon stress s’intensifiait. Je n’avais même pas envie de pleurer tellement que je savais cette situation catastrophique. Et je pus enfin apercevoir les deux yeux rouges, rappelant la quintessence du sang que cette chose avait pu couler, brillant dans la nuit, me rappelant que la fin était venue.
Seulement tout un coup, tout disparut. Je n’entendis plus rien autour de moi à part le même silence de la nuit qu’il y avait avant l’arrivée de la bête. Pensant à une ruse, je restai encore dix bonnes minutes à réciter encore la même prière de manière machinale.
Après cela, pensant que ma prière l’avait fait fuir, je partis en courant en direction du village et laissai derrière moi les deux cadavres des hommes m’ayant accompagné et je ne pus m’endormir de la nuit, tellement que cette vision du regard de ce monstre m’avait glacé le sang. Le matin levé, j’émis l’obligation de la présence d’un des villageois pouvant me guider car je partirais tout de suite ayant une obligation importante à l’abbaye. Et malgré la demande du père Paul de rester, ma décision ne changea pas d’un pouce et sans aucune explication précise au village, mon voyage du retour commença, voulant laisser un maximum d’espace entre cette chose et moi, m’effrayant encore chaque nuit, lors de mes nombreux cauchemars. Je n’avais d’autres choix que d’envoyer ce texte à l’Eglise en mentionnant que cette créature devait être détruite.

Deux mois plus tard, je vis l’inquisition, habillée de belles et massives armures argentées pour l’armée et des longs manteaux noirs pour les tortionnaires. Elle représentait la puissance de l’Eglise et de l’empereur, faisant régner l’ordre partout où elle se dirigeait. Celle-ci passa par l’abbaye pour agrémenter mon témoignage écrit dans le but de régler cette histoire.
Après son passage, nous n’entendîmes plus jamais parler du village d’Elom, où il ne reste plus que des cendres et des cadavres à l’endroit où se dressaient autrefois ses habitations. Quelle que fut la décision de l’inquisition, faites que ce monstre soit retourné de l’Enfer d’où il était venu.







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Dernière édition par Le chapelier fou le Mar 23 Oct - 18:59, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Jeu 4 Oct - 22:04

Cette histoire :o
J'aime bien le décor tout ça, ça m'a fait fait un peu penser à Vatican Kiseki Chousakan. Le suspense est bien amené je trouve. Un peu surpris par la fin, elle est trop triste et implacable. Mais en tout cas c'est une belle histoire bien écrite, je te félicite ;)



À GE-NOUX:
 
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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Ven 5 Oct - 19:13

Vraiment très beau Chapelier ! J'ai beaucoup aimé ! Le contexte du Moyen-Âge avec la croyance indéfectible en Dieu est vraiment intéressant et bien amené. C'est fluide et agréable à lire et j'ai adoré l'histoire ! Surtout le fait qu'on en sache finalement très peu sur ce village et cette créature. J'espère avoir l'occasion de lire un autre texte dans ce genre de ta plume parce que c'est super !


Manchot & Sejins
   

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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Mar 9 Oct - 19:00

Sejins:
L'univers est comme ça: implacable et triste. Je le montre bien dès le début. Après c'est une réprésentation que j'ai du monde, qui est rarement positive. En soi, je mens pas trop quand on suit l'actualité. Mais surtout ça fait plaisir que tu es apprécié la lecture et j'essayerais dans le mois-ci (si j'ai le temps) d'en écrire une autre car ça prend beaucoup de temps.

Manchot:
Content que l'histoire et ma plume t'est plu. Ca fait plaisir. Et oui je me suis basé sur un contexte médiévale et ses clichés qu'on en a. Ca me plaisait fortement. Et le fait qu'on en sache peu sur le village, est voulu par le format étant une nouvelle, et non une histoire, quant au "monstre", c'est volontaire. Faut bien garder un peu de mystère.

Edit:
Je me suis permis dans le premier texte de changer tous les notions de Dieu (avec majuscule), par l'Unique, étant le nom que j'ai donc décidé de donner à cette divinité.
En effet, je m'explique, l'univers est encore en création au fur et à mesure et donc l'univers est apte à évoluer que ça soit dans la géographie, les noms,... J'essayerais de toujours notifier ces changements.
De plus, comme vous l'avez surement remarqué, j'essaye de me distancer au fur et à mesure du Moyen-Age classique, il faut donc pour cela opérer par les noms. Car cette univers n'est pas une simple copie du Haut Moyen-Age (le début) mais il récupère d'autres idées comme le fait que l'empereur est autant un chef spirituel que temporel, comme dans l'Empire Byzantin.
Il est d'ailleurs donc fort possible que le nom des institutions risquent de changer dans le futur, voulant me distancer du simple catholicisme, même si la religion dépeinte est plus proche de l'idée protestante.






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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Mar 23 Oct - 19:07

Comme j'ai pu avoir le plaisir de lire ta nouvelle en avant première, je ne vais pas trop m'étaler sur les différentes remarques que je t'ai faite au fil de ma lecture (de toute manière, je m'en rappelle pas la moitié...). Il n'empêche que j'aime toujours autant ta plume, que je trouve vraiment agréable à lire et j'admire ton imagination fertile. J'aime aussi l'idée que l'on va pouvoir voir l'évolution de ton univers au fur et à mesure que tu vas le construire, monde qui a déjà du potentiel et que tu sauras exploiter, sans aucun doute.

Sur ce, je te souhaite bon courage et j'attend la suite avec impatience !



   
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Merci ♥:
 
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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Mer 24 Oct - 19:08

Yeah, j'ai fais partie des VIP qui ont pu lire cette histoire en avant première ! Pareil, j'aime beaucoup, le contexte de l'histoire est intéressant et t'as bien réussis à utiliser le vocabulaire adéquat. Après niveau histoire le suspense est vraiment bien amené, surtout le moment dans la forêt j'ai vraiment kiffé ce moment ! Les emmerdes arrivent crescendo, c'était intéressant ! Ca m'a fait penser à The Witcher un peu, dans le sens où Geralt fait des enquêtes dans le même genre sauf que lui il tue les monstres à la fin !

J'espère vraiment que tu ous réserves une suite 8) J'ai hâte de la lire !



Merci Ichigo ♥️


Merci Kuro, mon fidèle partenaire ♥️


Kyara lpb ♥:
 
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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Jeu 1 Nov - 11:40

Merci à vous deux les filles. Ça fait plaisir ses petits commentaires.

Sinon aujourd'hui on se retrouve avec la deuxième nouvelle. Dans celle-ci, on va un peu réfléchir et voir comment se passe plus ou moins la vie dans les villages, encore en milieu rural du royaume d'Amas et on va aussi approcher quelques petits mystères de l'univers.
Sinon j'essaie de me tenir au rythme d'une nouvelle par mois, ce qui est déjà assez énorme vu le travail qu'elle me demande à chaque fois. D'ailleurs c'est possible grâce à ma relectrice de génie pour le sens de mes phrases parfois fort tirés par les cheveux et pour l'orthographe, Whity, que je remercie.
J'espère que cette nouvelle va autant vous plaire que la précédente et je vous souhaite une bonne lecture dans mon univers.


An de grâce 622, quinzième jour du deuxième cycle du solstice d’hiver

« Les nuits ne nous appartiennent plus. Nous devons récupérer nos propres terres. »
Telles furent les paroles de l’empereur à l’arrivée de ce cauchemar. Que l’Unique est pitié de nous et que l’Église guide nos pas et nous apporte la miséricorde.

Inconnu


L’espoir revenait petit à petit depuis le passage de la grande fête du solstice, qui fut encore bien maigre cette année. En effet, comment fêter la diminution de la durée des nuits si celle-ci ne nous appartenait plus ? Nous ne pouvions fêter quelque chose que nous avons perdu depuis déjà un moment. De plus, nous n’étions plus chez nous alors que ce village appartenait à nos familles depuis de nombreuses générations. Et nous ne pouvions fuir vers les villes par manque de moyen. L’Unique nous avait-il abandonnés ? Telles étaient les dires des anciens du village.
Pourtant tout cela ne m’importait guère à l’époque. D’aussi longtemps que je me souvenais, ou presque, j’avais connu ces conditions de vie où la vie disparaît lors de la nuit dans tout le village et où tout le monde se réfugiait chez soi, espérant se protéger. Cela n’était pas un réel problème, si y on enlevait un détail. À cause de ce danger, lors des longues nuits d’hiver, les caravanes marchandes et avec elles les quelques spécialistes parcourant le royaume, ne passaient plus au village, nous laissant ainsi seul face au danger.
Or, ma sœur était malade et cette difficulté nous laissait seul pour pouvoir régler sa maladie, sans aucune venue d’un médecin itinérant. Ma mère et moi-même avions déjà tout essayé et personne dans le village ne pouvait nous aider. L’espoir ne pouvait se trouver ici. En tant que chef de famille, depuis la mort de mon père lors de mes dix ans, je me devais prendre mes responsabilités. C’était pourquoi, moi, Aldérian, âgé de treize ans, je pris la décision de me rendre à la ville la plus proche, Fort-Boisé, l’une des seules du Nord dans la région des bois de Thieg. Et même si ma mère voulait me refuser cette expédition qu’elle nommait folie, je ne pouvais l’accepter, refusant de laisser ma sœur sans remède. Et c’est ainsi qu’avec l’aide du village, me donnant l’un des seuls chevaux que nous possédions et quelques économies que nous avions gagné difficilement en vendant le peu de récolte nous restant chaque année, avant cette période de crise, pour pouvoir payer le remède et le logis. En effet, il me faudrait trois jours à cheval pour arriver à Fort-Boisé.
C’était donc ainsi que commença mon voyage vers le grand monde. Jamais auparavant je n’avais quitté les alentours de mon village, ni n’y avais pensé excepté dans mes rêves les plus fous. Je ne me sentais pas bien, sachant que je serais seul pour affronter cette épreuve mais je devais vaincre ma peur pour l’avenir de ma sœur. Je devais le faire pour elle et pour ma mère, et quelle que soit mon expérience déplorable en matière d’équitation ou mon envie.

Le matin de mon départ, je m’étais levé tôt, presque avant le lever de soleil et quand celui-ci fut levé, j’étais prêt à partir. Je fis mes adieux à ma mère, priant que ce ne soit pas les derniers et je partis sur le cheval, que je décidai de nommer Espoir, en concordance avec l’aube. Espoir, avec moi et mes maigres affaires que j’avais emportées, parcourut ainsi les routes vers l’un des villages voisins, Ob, où j’espérais trouver un endroit pour séjourner.
En effet, celui-ci était une étape presque obligatoire pour la majorité des villages de la frontière espérant rejoindre la civilisation. Et selon les dires et rumeurs qui nous arrivaient parfois des autres villages voisins, cela n’était pas rare que plusieurs familles ayant les moyens, fuyaient vers les villes espérant avoir la protection des remparts et des milices permanentes dans cette période d’insécurité. Seulement, au village, nous n’avions pas pu vérifier cela, étant trop loin du reste de la civilisation depuis déjà une trop longue période. Seule arrivait une délégation religieuse une fois par an dans le but de récolter les impôts prélever par le prêtre du village. D’ailleurs cela était une grande source de mécontentement dans le village où nous devions payer pour un royaume ne faisant rien pour nous. Mais tout cela me dépassait un peu, et je laissais surtout ma mère s’en occuper, même si j’étais considéré officiellement comme le chef de ma famille.

Une fois arrivé en vue d’Ob, je fus soulagé. Le soleil commençait petit à petit à descendre dans le ciel et cela n’était jamais bon signe pour un voyageur, si aucun refuge n’était trouvé pour la nuit. Cependant seuls les fous ne donneraient pas leur vie pour en trouver. J’avançais donc vers la ville où j’espérais y trouver refuge et aussi vers quelque chose d’inconnue alors que tout cela n’était pas très éloigné de ce que je connaissais. La seule différence était que l’importance de l’Église y était plus forte du fait qu’il était un passage pour la frontière. Et cela renforçait le rôle de ce village augmentant sa taille, donnant presque la dimension d’une petite ville selon les gens. La population tournait autour d’une petite centaine d’habitants.
Une fois devant le portique du village, je mis pied à terre et je tins le cheval par sa bride. Il ne me manquait plus qu’à trouver ce refuge, en partant de l’église, le point central du village. Je partis donc vers celle-ci et m’orienter ne fut donc pas difficile vu sa visibilité.
En chemin, je pus croiser toute la misère où de nombreuses personnes étaient agglutinés dans des bâtisses se résumant à quatre murs et un toit, où on pouvait voir de nombreuses réparations partielles ayant pour but de rendre celle-ci hermétique à la nuit et son obscurité. La pauvreté avait forcé ces gens à collaborer ensemble pour un objectif commun : la survie. Seulement tout cela se limitait à cela et à rien d’autre parmi la puanteur, la crasse et la famine qui étaient dominantes dans cette vision que j’avais. Tous étaient mal portant, atteints de carences et de malnutritions. À force de mettre autant d’énergie dans la survie et leur maison, ils n’en avaient plus assez pour se nourrir. Surtout que cette mini-communauté n’était solidaire que dans leur malheur mais dans rien d’autre. Quand l’un trouvait à manger, il gardait tout pour lui, repoussant sa faim pour quelque temps au grand dam des autres, le voyant tous se nourrir. Seulement, ce bonheur n’était que passager et le retour de pièce se faisait quand un autre trouvait à manger et que celui ayant eu à manger et n’ayant pas partagé, se retrouvait à nouveau sans rien. Tout cela donnait l’allure de colonies avec une petite dizaine d’habitants unifiés sous un même taudis et n’ayant aucune cohésion du groupe.
Et plus j’avançais vers le centre, plus cette vision se dissipait pour s’approcher de l’église, resplendissante par rapport à tout ce que j’avais pu voir quoique de taille modeste, selon les dires qu’on murmurait de certains édifices. Celle-ci était faite tout de pierre taillée, massive et imposant la vérité de l’Unique aux masses. Et elle montait en une tour vers le fond de l’édifice étant censé servir de relais entre l’Unique et les religieux, étant eux-mêmes relais du peuple.
Je voulais de tout cœur rentré dans l’édifice pour admirer sa splendeur mais avant cela, il me fallait trouver un lieu pour mon cheval et moi-même. C’est pour cela que j’avançais vers l’hospice mis en place pour les voyageurs au nom de l’Unique et son Église. Je me dirigeais donc vers ce lieu ou à l’entrée, j’obtiens le droit de m’introduire dans ce lieu, lui aussi fait de pierres beaucoup moins majestueuses que celles de l’église et bien plus brutes. J’y attachai mon cheval dans un caisson d’écurie intégrée au lieu et me sentis bien mieux après l’avoir laissé-la, m’étant bien sûr occupé de lui avant de l’abandonner pour le reste de la journée.
À la vue du soleil, je déduisis qui devait me rester une bonne heure pour visiter les lieux mais surtout l’église où je m’empressai d’entrer dedans. Et une fois la porte passée, je fus inondé de toute la puissance de l’Unique. Le lieu que je pensais alors sombre et peu éclairé étant donné sa vue extérieure inondait enfaite d’une lumière forte produite par un énorme feu se tenant dans le chœur et au-dessus de la tour tandis que tout le reste logiquement plongé dans l’obscurité était éclairé par des lanternes et des bougies. La force de l’Unique, le feu, dominait ces lieux. Et tout était pensé pour cela, dans ce bâtiment de forme ronde composé de plusieurs bulles dont la plus importante abritait le feu sacré. Dans le reste des bulles étaient illustrés des faits de l’Unique ayant guidé le peuple vers la lumière de la vérité à travers d’illustres personnages. Je ne connaissais pas réellement cette histoire et je fus subjugué de voir cette beauté nous apprenant notre héritage.
Seulement je ne m’attardai pas dans ce bâtiment car il était mal vu d’y rester trop longtemps. Après un rapide tour et une prière prononcée vers le feu, je sortis de l’église et gagnai le lieu de vie de l’hospice où je passerais la soirée avant d’aller dormir. En effet, mieux valait se nourrir directement dans ces lieux et ne pas en sortir avant le lever du soleil. Et c’est donc ainsi que ma soirée se passa dans ce lieu de vie étant une source de richesse pour l’Eglise vu le prix que j’avais dû donner pour ma simple présence. Je commençais à comprendre pourquoi si peu de familles avaient les moyens de partir vers la ville et que donc ces auspices étaient surtout fréquentés par des voyageurs, souvent assez aisés.  
En même temps que moi, ce soir-là, il y avait trois voyageurs. Deux ne m’inspiraient aucune confiance, assez taciturnes et sombres et je préférai donc les éviter et décidai de m’installer à la table du troisième : un homme fort en chair, blond et barbu, allant vers sa trentaine d’années. Avec celui-ci, la soirée fut agréable et nous parlâmes de tout et de rien, ou plutôt je passais plus de temps à l’écouter qu’à parler. C’est donc ainsi qu’il me mentionna l’existence, selon les racontars bien sûr, d’autres moyens et institutions que l’église, pouvant protéger le peuple de ces heures sombres. On les disait affilier à d’autres religions, faisant donc d’eux des païens dans le royaume, acceptés mais cachés par les autorités, toujours selon la rumeur. Seulement la vérité derrière tout cela était bien vague car personne ne les avait jamais vu, et on ne les connaissait que par des bruits. Cela ne devait être que des légendes créées pour rassurer le peuple, mais cela me donna envie d’y porter foi. Si l’Église ne faisait rien pour notre village, peut-être devions-nous chercher de l’aide ailleurs. Et quand je voulus demander où les trouver, il coupa court à la conversation car il était mal vu de trop parler d’eux, surtout en ces lieux. Et c’était donc ainsi que se termina ma soirée, quand je décidai de partir après que le voyageur avait coupé à la conversation, par peur ou par prudence.

Le lendemain, une fois le soleil levé, je quittais le village à cheval, vers mon prochain point de voyage, le prochain lieu servant de relais. La matinée fut assez aisée et le temps fut avec moi malgré la saison. En effet, la journée fut assez douce pour l’hiver. Et c’est donc sous un doux soleil d’hiver que la matinée passa bien vite et où je passais énormément de temps à regarder autour de moi et à admirer cette nature morte boisée.
Le soleil arriva ainsi bien vite à son zénith et avec lui, arriva l’imprévu. Depuis quelques minutes, j’entendis de plus en plus de bruit autour de moi, venant de la forêt entourant le chemin. Ce n’était que la nature, la faune environnante, ou plutôt je l’espérais. Cependant mes espoirs furent bien assez vite brisés. Par instinct de survie, je m’abaissai et me collai à l’encolure de mon cheval, sans même y avoir réfléchi, comme si mon corps sans mon consentement agissait pour me sauver. Et à peine eus-je fait cela où je sentis une flèche passer juste au-dessus de moi. J’en étais donc sûr, cela ne pouvait pas être la faune. D’un coup sec sur les flancs du cheval, je lui indiquais de cavaler au triple galop. Et il partit telle une tornade en remuant la terre et créa ainsi un nuage de poussière sous ses pas toujours plus rapides. Seulement, tout cela ne servit à rien. Il fut arrêté dans son élan par une flèche en pleine hanche, le stoppant ainsi dans sa lancée et m’éjectant par terre dans la même occasion. Sonné, je me relevais quand même avec toujours cette même rage de vivre. Mes affaires étaient dispersées, je voyais un peu flou. J’eus le réflexe d’essayer de sentir ma bourse mais elle n’était plus là et beaucoup de ce que je possédais était attachée à ma monture. De plus, j’entendais des pas vers moi : trois hommes sortaient des fourrés et se montraient sur le chemin. Je n’eus donc qu’un seul réflexe, presque salvateur mais tout aussi fou, courir et laisser tout derrière moi. Je mis à courir comme si une meute de loups était à mes trousses, ou encore l’armée des neuf enfers. Tout ce qui comptait, c’était de ne pas de me retourner, ni de m’arrêter. Je fonçais dans la forêt, espérant ne pas être suivi et j’empruntais un chemin que ne pouvait adopter aisément que des gens de ma taille. Je cavalais pour ma vie comme je ne l’avais jamais fait.
Quinze minutes de course effrénée et je pensai enfin à me retourner pour écouter si on me suivait. Derrière mes saccades de respiration dans le but de récupérer mon souffle, je pouvais difficilement me concentrer sur les bruits m’entourant. Mais il n’y en avait plus aucun. Tout était calme. Le seul son que j’entendais, était ma propre respiration, se calmant petit à petit. Cependant je ne me faisais pas complètement confiance. Je ne les avais pas entendus la première fois, peut-être en serait-il de même la deuxième. C’est pourquoi je me décidai à avancer encore dans la forêt, sans réellement m’y enfoncer plus profondément mais d’aller plus loin pour regagner un chemin à l’écart, hors de portée des tireurs, je l’espérais. Et c’était donc dans cette peur constante que l’on pouvait lire sur mon visage et où chaque bruit me faisait me retourner, avec laquelle j’avançai pendant un bon moment.

Je décidai enfin de ressortir du chemin et je vis que le temps avait bien passé : au moins de deux à trois bonnes heures étaient passées et je ne savais pas où j’étais. La panique et la peur de me faire attaquer fut tout de suite dissipée pour être remplacé par une autre : celle de la nuit. Je commençais à devenir fébrile. J’eus perdu tout espoir. Comment pourrais-je seulement arriver dans un endroit sécurisé, dans un endroit où je pouvais être sauvé ? Cela était impossible. Pourtant je pris quand même la peine d’avancer, de suivre le chemin, en marchant le plus vite que je pouvais, espérant croiser quelqu’un.
Seulement, plus le soleil avançait dans le ciel et descendait de même, moins je gardais espoir. Aucune âme qui vive à l’horizon, et je n’avais plus rien sur moi : même plus d’argent, de nourriture et autres. Même si j’arrivais dans un village, je ne serais pas accepté sans le moindre sous. Mon destin était décidé : j’allais mourir ce soir.
Quand le soir fut arrivé, toute force de vivre m’avait abandonné et je me tenais face à mon châtiment connaissant mon sort. Je regardais à l’horizon le soleil se coucher et avec lui, la nuit m’ouvrir ses bras tandis que les ombre m’y enveloppèrent d’une étreinte sinistre. J’entendais enfin le son des neuf enfers sortirent de leur cachette. L’Unique m’avait abandonné face à mon sort, aux rires et craquements de ces créatures démoniaques. Je n’osais pas regarder ce qui s’avançait vers moi. Je fixais le sol tandis que les larmes coulaient le long de mes joues. La peur me paralysait chaque partie du corps. Plus le temps passait, moins j’entendais le bruit de ma respiration saccadée, hachée, comme je le serais d’ailleurs bientôt. La fin avançait vers moi. Ma mort était proche. Je sentis ensuite le froid : il m’entourait de ses griffes et me serrait. Je m’éloignais de plus en plus de la réalité : la peur effrénée, cette ambiance glaciale et ses bruits stridents faisaient de moi une poupée hors du réel, du véritable monde, et je me voyais partir, au loin, pour ne jamais y revenir.
Pourtant, une puissante lumière, tel un phare me remit sur le droit chemin du retour, mais cette lumière était spéciale, différente. Elle n’était pas aussi vaste et puissante que le soleil, mais plus multiples, plus fines et perçantes comme un ciel étoilé en pleine nuit. Et cette multitude d’étoiles me ramenèrent à la réalité, à ce froid, ses bruits et cette peur, tous atténués. Une force les avait chassés. Je décidai donc de rouvrir les yeux et pus voire face à moi un homme caché derrière un long manteau noir et une capuche. Je pus à peine distinguer son visage mais je me doutais qu’il était bienveillant car cet homme venait de me sauver.
Cependant, ce sauvetage me coûta extrêmement cher. En effet, je dus offrir en échange de ce service ma vie à cet homme, qui voulut faire de moi l’un des siens. Tout ceci fut bien sûr discuté avec les anciens de mon village, à mon retour, connaissant bien l’ordre de cet homme, aujourd’hui majoritairement oublié et appartenant à un temps ancien ou plutôt à d’autres régions. Et c’est donc après un court adieu à ma mère, au reste du village et aussi à ma sœur que cet homme avait aussi sauvée de sa maladie, que je partis vivre le restant de ma vie, loin du lieu de mon enfance, abandonnant mon rôle de chef de famille, qui n’était qu’une mascarade vu mon âge. Mais ceci est une autre histoire…






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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Jeu 1 Nov - 21:39

Oh la fin inattendue ^^
C'était une bonne nouvelle, on sent aisément le travail de détails que tu as fourni. L'équilibre action-description est bien tenu. Pauvre petit quand-même ^^ J'aime bien les noms que t'as donné, ça sonne très "ancien" (même si j'aurais aimé qu'il n'y ait pas de "i" au nom du héros pour le prononcer Aldébarane <3). On en veut d'autres ;)



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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Ven 2 Nov - 10:53

Toujours un vrai plaisir de te lire ! Et toujours un plaisir de t'aider dans ton écriture :p

De nouveau, je t'ai fais la majorité des remarques en direct live donc tu sais ce que j'en pense, c'est une très bonne nouvelle, le personnage est attachant et la fin, comme Sejins l'a dit est plutôt surprenante et promet une belle suite. Tu retranscrit principalement bien les pensées d'un enfant et puis... Bah vivement la prochaine !



   
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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Ven 2 Nov - 18:32

Comme l'ont dit White et Sejins, c'est une très bonne nouvelle ! Je l'ai beaucoup aimée, même si j'admets avoir une préférence pour la première ^^ C'est un plaisir de te lire, j'adore l'ambiance médiévale et sombre que dégagent ces deux écrits ! Quant à moi, je n'ai pas trouvé le fin si surprenante, mais je suis contente que ce soit celle-là que tu aies choisie ! Mais c'est vrai que tu pourrais ménager un peu plus tes personnages, les pauvres ! Dans tous les cas, bravo ! On attend la suivante !


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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Sam 3 Nov - 0:27

Sejins: Merci d'abord pour le commentaire, ça fait plaisir. Et pour les détails et noms, j'essaie d'y faire attention mais pas toujours simple de regarder à tout. Sinon pour la fin, comme j'ai déjà demandé à Whity, pourquoi tu la trouves étonnante? Sinon le petit, beh il a encore eu de la chance.

White: Merci aussi pour le petit message. Je pense pas avoir été parfait pour retranscrire les idées d'un enfant, je ne pense pas être le mieux qualifié pour cela. Sinon heureux que le personnage te plaise parce que...

Manchot: Aussi merci pour le petit mot, avec plaisir que ça t'est plu. Sinon tu aurais imaginé quoi comme autre fin possible? Ca m'intéresse. Et l'univers est dans un style médiévale et sombre, mais clairement, les personnages ne risquent pas d'être ménagé, ils le sont déjà en vivant. Je ne représente que la manière dont je vois la vie.

Sinon pour la suivante, toujours le même discours, j'espère la finir dans un mois.






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MessageSujet: Re: Un univers sombre, guidé par la lumière de l'Unique   Sam 3 Nov - 0:49

Pour te répondre Chap.

Fin:
 



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